Qui est Anwar, le Belge des scènes françaises ?

Qui est Anwar, le Belge des scènes françaises ? DR
Qui est Anwar, le Belge des scènes françaises ? DR

Rencontre avec l'artiste qui a assuré la première partie du concert de Boulevard des Airs, la semaine dernière.

Après avoir fait les premières parties de Zaz ou encore Patrick Fiori, le chanteur belgo-marocain Anwar a précédé le groupe français Boulevard des Airs sur la scène de la Madeleine, la semaine dernière. Mais juste avant ça, c'est à Ciné-Télé-Revue que l'artiste s'est confié en coulisses.

Anwar, vous êtes un autodidacte. Comment avez-vous fait pour vous hisser sur les plus grandes scènes et y assurer les premières parties d'artistes de renom ?
Le fait d'être autodidacte, ça peut être un handicap d'une certaine manière parce qu'on n'a pas accès aux connaissances musicales qu'ont les personnes qui sont à l'académie. Il faut tout apprendre et ça prend énormément de temps. Mais c'est aussi une force car on est libre. La plupart des personnes qui sortent des académies restent bloquées dans leur monde, leurs règles. Les autodidactes, non. Beaucoup diront que c'est le travail et la passion. Quand on est passionné, on fait les choses sans penser et réfléchir. Dès que j'en ai eu envie, je me suis lancé et m'en suis donné les moyens, en travaillant sur les différentes critiques qu'on me faisait. Ainsi, j'ai pu me repositionner et avancer.

"Quand on est passionné, on fait les choses sans penser et réfléchir"

Est-ce Zaz qui vous a découvert ?
Oui, en fait j'étais au café de la danse à Paris pour y faire quelques petits concerts. Zaz était dans la salle et est venue me voir dans les loges en me disant : "C'était génial. J'adore. Comment pourrais-je t'aider ?" On s'est mis d'accord sur le fait que je ferais ses premières parties, enfin, sur certaines dates en tout cas. Et donc j'ai fait une tournée avec elle en France en passant par de superbes salles qui, à l'époque, étaient inaccessibles pour moi. (Le Zénith, l'Olympia, le Casino de Paris,... ndlr) C'est à partir de ce moment-là que je suis rentré dans le milieu professionnel.

Quels sont vos rapports avec les artistes dont vous faites ou avez fait les premières parties ?
Généralement, ça se passe très bien. J'ai fait des premières parties avec Zaz, Patrick Fiori, l'icône de la salsa Yuri Ventura,... Ici, je vais bientôt faire une tournée avec Mickey 3D. Aujourd'hui (vendredi 15 avril, ndlr) je suis avec Boulevard des Airs. Ce sont des gens géniaux et très humains. Pour moi, l'échange est très important. Ca ne sert à rien de venir sur un plateau pour jouer et repartir. Non, on reste en contact. Zaz m'a appelé quelque fois quand elle est venue sur Bruxelles pour me demander d'aller boire un verre. Sylvain (le chanteur de Boulevard des Airs, ndlr) aussi. On est en contact, on s'envoie des petits messages.

"Ca ne sert à rien de venir sur un plateau pour jouer et repartir"

On dit que vous êtes toujours en quête de découvertes et de rencontres. Faire les premières parties d'univers musicaux différents, c'est aussi une façon de toucher des personnes de styles divers, un plus large public ?
Absolument ! Pour moi, ce qui est le plus important dans ce genre de contexte, c'est de rencontrer les artistes qui nous donnent la possibilité de nous réaliser sur scène. Ils ont de l'expérience et cette expérience peut peut-être se partager avec moi. Je peux apprendre énormément de choses en les voyant jouer ou se préparer. Après, la rencontre avec le public est importante aussi. Le public des artistes avec qui je travaille n'est pas forcément le public qui viendrait à la base voir mon concert mais ça se passe toujours bien, je reçois beaucoup d'énergie. Pour moi, la rencontre avec l'être humain c'est toujours un plaisir.



Parlez-nous de votre album, "Beautiful Sunrise" ("Beau levé du soleil", en français). Qu'évoque-t-il pour vous ? Est-il en lien avec votre philosophie de vie, ou votre nom qui signifie "Soleil" ?
Les rencontres, les gens, m'ont depuis toujours inspirés. Voir du monde m'inspire, me donne envie d'écrire. Les chansons ne font pas forcément référence à moi dans cet album. Par exemple, dans "Lost in Babylon", je parle de la désillusion, celle des personnes qui débarquent d'autres pays et arrivent dans des grosses villes comme Bruxelles, Paris, Londres ou New-York et qui se retrouvent dans des situations où ils ne connaissent ni la langue ni la culture. Ils se retrouvent perdus, broyés dans un système qu'ils ne connaissent pas. Il y a aussi "Angel" où je parle de l'amour éphémère. Le titre qui reflète le plus ma philosophie de vie, c'est "Life Is Beautiful". Il faut s'entourer de bonne énergie. La bonne énergie attire de la bonne énergie. J'ai adopté cette philosophie de vie il y a peut-être 8 ou 10 ans. Je ne dis pas que la vie est géniale et que tout est beau. Pour moi, c'est juste une façon d'adopter la vie. En l'abordant d'une façon positive, ça peut la rendre positive car à partir de là, on peut changer, avancer, évoluer,...

"La bonne énergie attire de la bonne énergie"

Si vous deviez lui trouver un message en rapport avec les tristes événements qui ont récemment touchés la Belgique... quel serait-il ?
Je pense qu'il ne faut pas forcément parler de choses ainsi dans les chansons pour pouvoir apporter du réconfort aux gens. Mon travail se résume ici à faire de la musique et à partager de l'amour, de la joie... Maintenant, je suis de tout cœur avec les familles des victimes. J'ai été très blessé parce qu'il s'est passé, j'ai pleuré, j'ai été choqué. Ça m'a fait du mal parce que les personnes responsables viennent de ma communauté et je sais ce qu'il va se passer après. On va tous se retrouver dans le même sac. Il y a, heureusement, des gens qui auront l'intelligence de faire la différence entre 4 personnes qui se sont faites exploser et une multitude de personnes de confession musulmane qui, elles, n'ont rien fait et ne veulent aucun mal à personne. Mais il y en a qui ne feront pas cette différence. J'aimerais vraiment faire quelque chose pour changer ça… Je suis en train de réfléchir à ce que l'on peut mettre en place. Par exemple, travailler avec une ASBL pour aller voir des jeunes et leur dire : "Moi aussi je suis d'origine marocaine, moi aussi j'ai grandi à Bruxelles et regarde, tout est possible !"


Propos recueillis par Louise Lodico

Site officiel: http://www.anwarofficial.com

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