Christian Rauth : " J’ai été bien massacré par la vie "

 © François Lefebvre
© François Lefebvre

Dans le premier épisode de « Caïn " ce vendredi, le comédien de 68 ans, ex-héros de « Père et maire ", joue les guests stars.

On vous retrouve ce soir dans « Caïn ". Et vous voilà restaurateur et coupable idéal…

Oui, c’est un beau personnage. Pourtant, j’ai hésité à l’accepter. Il s’appelle Marius, c’est un Marseillais, il est spécialiste de la bouillabaisse. Partant de là, je me suis dit : " Pourquoi ne pas prendre un acteur marseillais, avec l’accent ? " Il se trouve que le réalisateur, marseillais de longue date, n’a pas le moindre accent. Ça m’a convaincu.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement séduit chez ce Marius ?

Il a un amour pour son fils qu’il ne peut pas exprimer. C’est un sanguin. Il ne peut pas s’empêcher d’être en colère contre lui. Et en même temps, il ne rêve que d’une chose, c’est que tout se passe bien entre eux. C’est aussi un bon vivant, passionné par son métier et qui n’aime pas qu’on vienne marcher sur ses plates-bandes.

Caïn est un enquêteur ironique et provocateur qui vous met à rude épreuve.

Il me manipule, mais je ne suis pas dupe. C’est assez amusant à jouer, d’autant que je connais bien Julien Baumgartner, qui a été mon officier subalterne dans la série " Origines ". C’est un très bon camarade de jeu.

Intéressant, cet interrogatoire arrosé…

Ah oui, c’était une grande scène ! Avec Julien, on a lâché les chevaux. Comme il fallait tourner très vite, on a pris des risques en termes de comédie. Ce n’est pas évident, surtout en buvant de l’eau. Pour se détendre, il arrivait qu’on boive un peu, mais là, ça n’a pas été le cas. J’ai décidé de jouer le type pas trop éméché. De même que lorsqu’on joue quelqu’un en souffrance, on n’est pas obligé de pleurer pour créer de l’émotion.

Tenté par une nouvelle série ?

J’en ai déjà fait plusieurs. C’est très lourd en termes de responsabilité pour un acteur. Ça engage et ça peut même nuire à une partie de votre vie, car ça vous absorbe complètement et c’est très difficile de passer à autre chose.

A l'époque, vous aviez la chance de travailler en binôme avec votre grand ami, Daniel Rialet.

Oui, ça donne une force supplémentaire. Je pense à Daniel au moins une fois par jour. On arrive bientôt au treizième anniversaire de sa mort. Je suis le parrain de sa fille et suis encore en contact avec ses parents. Il me manque beaucoup.

On se demande si c’est plus difficile à vivre quand cela arrive brutalement ou sur le temps ?

Je peux vous donner la réponse, car j’ai quand même été bien massacré par la vie. J’ai perdu mon meilleur ami, puis mon fils des suites d'une pancréatite aiguë. Et comme dirait Audiard : " C’est du brutal ! " Alors que lorsqu’on sait les gens malades, on a le temps de s’y faire.

Dans un " Joséphine, ange gardien ", vous avez joué avec votre fille, Julie-Anne. Un plaisir supplémentaire ?

On s’est servi de quelques moments personnels où l'on s’était un peu engueulés. Ça nous a bien fait rigoler. Oui, c’est un plaisir de jouer avec elle. J’ai fini par oublier que c’était ma fille, c’était celle de mon personnage.

Vous travaillez sur un nouveau roman ?

Oui, je viens même d’écrire le mot fin. Il va s’intituler " La petite mort de Virgile ". Il s’agit de retrouver un serial killer, mort ! Rassurez-vous, c’est aussi une énorme histoire d’amour.

Bernard Alès

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