Antoine Delie : "Je suis comme je suis, et tant pis si ça déplaît"

Antoine Delie porte des tenues différentes selon mon humeur. © Olivier Pirard
Antoine Delie porte des tenues différentes selon mon humeur. © Olivier Pirard

Alors qu’on le retrouve dans les battles de "The Voice", ce soir sur TF1, le Belge nous ouvre les portes de sa maison, à Baudour. L’occasion d’entrer dans l’intimité d’un jeune homme de 23 ans bourré de talent.

S’il voue une passion à la musique et au monde féerique de Peter Pan, Antoine est aussi un véritable mordu de mode. La salopette qu’il portait lors des auditions à l’aveugle de "The Voice" a d’ailleurs beaucoup fait parler d’elle. "Elle est de la marque L'atelier Beaurepaire et provient d’une petite boutique à Paris, dans le Marais, qui s’appelle Agogogang", nous confie celui qui a une penderie pleine à craquer, avant d’analyser son style : "Mon look est coloré et déjanté. Je porte des tenues différentes selon mon humeur. Je comprends que mes vêtements attirent le regard, mais les retours sont souvent très positifs. Je m’habille sans réfléchir. Je ne le fais pas dans le but d’avoir des réactions. J’aime les paillettes et les couleurs, mais je fais tout de même attention aux fashion faux pas !"

Avant de faire sensation en France, vous avez participé deux fois à "The Voice Belgique" !

Tout à fait. Je regarde le programme depuis la première saison, aussi bien en France qu’en Belgique. J’ai donc voulu tenter l’expérience à mon tour. Même si mes parents étaient très réticents à l’idée que j’y participe, j’ai quand même posté ma candidature sur le site de la RTBF, sans les prévenir. La toute première fois, j’avais 16 ans et aucun coach ne s’était retourné. J’ai ensuite retenté ma chance l’année suivante et deux fauteuils se sont retournés. J’avais rejoint l’équipe de Chimène Badi, avec qui je suis toujours en contact aujourd’hui. Grâce à elle, je suis allé jusqu’en quarts de finale. Cette aventure m’a servi d’école et m’a permis de découvrir le monde de la musique, mais je n’étais pas encore prêt. A cette époque, je ne m’assumais pas en tant que personne ni en tant qu’artiste.

Et puis, il y a eu ce voyage en Bolivie qui a littéralement changé votre vie…

Après "The Voice Belgique", j’ai continué mes études d’instituteur primaire à Mons et, en dernière année, j’avais la possibilité de partir à l’étranger pour un stage. J’ai donc décidé de me rendre en Bolivie pendant cinq semaines. Là-bas, je me sentais libre et autonome. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais j’ai eu comme un déclic. Quand je suis revenu en Belgique, mes parents ne m’ont pas reconnu. Ils m’ont dit : "Tu n’es plus toi." Et je leur ai répondu : "Ah si, maintenant je suis vraiment moi." Après ce voyage, je me suis assumé à tous les niveaux, et ils l’ont tout de suite accepté. Avant, j’étais timide et réservé. Aujourd’hui, je suis plus extraverti et je ne prête pas attention au regard des autres. Je suis comme je suis, et tant pis si ça déplaît.

Gardez-vous un souvenir heureux de votre scolarité ?

J’ai de bons souvenirs avec les professeurs et certains de mes amis, mais on se moquait beaucoup de moi. En primaire, la plupart des garçons jouaient au football, et parce que cela ne me plaisait pas, on me traitait de tous les noms. J’ai souffert durant cette période, mais j’ai toujours conservé ma force de caractère. J’ai réussi à tenir tête à ceux qui me critiquaient, mais psychologiquement, ce n’était pas facile à encaisser. On me demande souvent si ma réussite aujourd’hui est une sorte de revanche par rapport à mon passé. Je ne prends pas cela comme tel. La personne que je suis aujourd’hui s’est construite grâce à tout ce que j’ai vécu au cours de mon enfance. Je ne peux pas le renier.

Quatre coachs se sont retournés sur votre voix. Pourquoi avez-vous rejoint l’équipe de Marc Lavoine ?

C’est une question de sentiment. Je vois Pascal Obispo qui se met à genoux et se prosterne. Amel Bent m’annonce que je suis le potentiel gagnant. Lara Fabian me dit que j’ai été touché par la grâce et que ma voix peut aller dans les étoiles. J’ai retenu toutes ces phrases car je suis réellement choqué que des artistes d’une telle envergure me fassent ce genre de compliments. Tous ces mots tournaient en boucle dans ma tête. J’ai finalement choisi de travailler avec Marc Lavoine car il est le seul à avoir cerné la personne que je suis. Il a privilégié le côté humain. Ses paroles résonnaient directement avec mon vécu. J’ai même failli pleurer sur le plateau, c’était un moment très fort.

Comment décririez-vous votre coach ?

Marc Lavoine est quelqu’un d’authentique. On se ressemble, mais on est aussi très différents l’un de l’autre. Il s’habille de manière sobre et est assez introverti. Moi, c’est complètement l’inverse. Cela dit, il est extrêmement intelligent et très inspirant. Je le vois comme quelqu’un qui a gardé l'insouciance de l’enfance, mais avec les connaissances d’une personne qui a vécu mille vies. Quand il parle, ce n’est jamais pour ne rien dire. Il a toujours des propos profonds et intéressants. Quand il me complimente, j’ai envie de pleurer. Je suis hyper-sensible. On va me prendre pour une pleureuse ! (Rires.)

"The Voice, la plus belle voix", samedi 7 mars, à 21h05 sur TF1

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