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21 / 07 / 2017
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Ciné | 15 Mars 2017

Un thriller réaliste et haletant sur l'attentat de Boston

Un thriller réaliste et haletant sur l'attentat de Boston
Nous avons rencontré Mark Wahlberg et le réalisateur Peter Berg pour leur film "Traque à Boston", où est reconstituée de manière sobre la tragédie du marathon d'avril 2013.

Par ailleurs comédien, musicien et scénariste, le cinéaste Peter Berg n’a pas son pareil pour recréer sur grand écran des faits qui se sont réellement produits, et mettre en lumière l’héroïsme d’hommes ordinaires. Il l’a fait une première fois en 2013 avec "Du sang et des larmes", qui revient sur la mission de quatre soldats d’élite chargés, en 2005, d’éliminer un chef taliban en Afghanistan. Il y eut ensuite "Deepwater", sorti en Belgique en novembre, qui fait vivre comme si on y était la spectaculaire explosion d’une plate-forme pétrolière dans le Golfe du Mexique en 2010. Enfin, depuis ce mercredi, il y a "Traque à Boston", film-choc sur le double attentat à la bombe perpétré au Marathon de Boston le 15 avril 2013. Après trois jours de recherches, le FBI, les enquêteurs et forces de l’ordre avaient rattrapé et neutralisé les jeunes frères Dzhokhar et Tamerlan Tsarnaev, d’origine tchéchène, responsables de la mort de quatre personnes et des blessures de centaines d’autres. C’est sur cette chasse à l’homme que se concentre le film, qui a tout d’un thriller haletant.

« On n’a pas fait du Jason Bourne… »

Peu après la tragédie, Mark Wahlberg, natif de Boston, était contacté par des producteurs pour figurer dans pas moins de trois long-métrages sur l’épineux sujet. Mais comme il nous l’a expliqué, trouvant tout ça trop lourd, il a d’abord freiné des quatre fers. Puis comprenant qu’un film se ferait de toute façon, il a accepté d’en être à la condition qu’il soit réalisé par Berg. Il a déjà joué devant ses caméras dans "Du sang et des larmes" et "Deepwater" et connaît donc son sens éthique. « En aucun cas, il ne fallait que cet événement soit récupéré, exploité par des opportunistes », nous dit la star de 45 ans, qui incarne le Sergent Tommy Saunders, un personnage fictif qui est en quelque sorte la somme de tous les policiers qui se sont donnés corps et âme dans cette battue. Quant à Berg, il confirme avoir manié le sujet avec une infinie précaution. « Quand j’ai rencontré les gens touchés par ces attentats, ils m’ont demandé ce que j’allais montrer... Evidemment, il y a des lignes à ne pas dépasser. Mark et moi l’avons toujours su. Ici, il était impératif de ne pas s’attarder sur la violence, mais approfondir la psychologie des personnages. Il fallait éviter la surenchère, réduire les choses au maximum. Si j’avais essayé, même un seul instant, d’attirer un public de films d’action, ça me serait revenu dans la figure comme un boomerang. Au finish, les victimes étaient enthousiastes car elles ont vu que je n’avais pas fait du Jason Bourne mais un film authentique et respectueux. »

Dans le sens de Donald Trump ?

On ne peut pas le contredire : "Traque à Boston" est très sobre et absolument pas racoleur. Pour faire voir à quel point cette tragédie a rassemblé, uni et fortifié les Bostoniens, Berg n’a pas eu recours, par exemple, à ce pathos hollywoodien usé jusqu’à la corde. Mais il nous a quand même tiré des larmes… D’autre part, en ravivant ce sombre épisode, son film agite, à son tour, le lien entre "terrorisme" et "étrangers", dont se sert Donald Trump pour justifier sa politique anti-immigration. « On avait déjà eu ce genre de réflexion avec ‘Du sang et des larmes'", dit Berg, "Le film est inspiré d’un roman écrit par l’un des quatre militaires et un nègre. Parce qu’il est très à droite, néo-conservateur et pro-armée, ce livre n’aurait dû attirer qu’un public de républicains purs et durs. Mais ça n’a pas été le cas puisqu’il s’est vendu à trois millions d’exemplaires… Le contexte de ce récit peut être interprété politiquement, mais pas l’expérience de ces militaires ! Vous savez, quand une bombe explose et que vous voyez, au sol, quelqu’un qui vient de perdre ses jambes, vous ne courez pas vers lui ou elle pour lui demander s’il a voté pour Hillary ou Trump… »

« Ce qui importe, c’est la manière dont le public reçoit le film", enchaîne Wahlberg, "Ce qui compte, ce sont les avis des victimes et des survivants, mais aussi des représentants des autorités. »

Aussi réussi soit-il, "Traque à Boston" n’a pas fait courir les foules aux Etats-Unis. Ses recettes y sont d’un peu plus de 30 millions de dollars, et il en a coûté 45 millions… Les Américains n’ont pas eu envie d’avoir mal une seconde fois. On peut les comprendre.

Jean-Philippe Darquenne, correspondant à Los Angeles.


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