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19 / 08 / 2017
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Ciné | 03 Novembre 2016

"Snowden", pour tout comprendre

DR
Oliver Stone se met au service de son héros dans ce film biographique clair, sur un sujet qui nous concerne tous.

Patriote idéaliste et enthousiaste, le jeune Edward Snowden réalise son rêve de servir l'Amérique quand il rejoint les équipes de la CIA puis de la NSA. Il découvre alors au cœur des Services de Renseignements américains l’ampleur insoupçonnée de la cyber-surveillance. Violant la Constitution, soutenue par de grandes entreprises, la NSA collecte des montagnes de données et piste toutes les formes de télécommunications à un niveau planétaire. Choqué par cette intrusion systématique dans nos vies privées, Snowden divulgue tout en juin 2013. Devenu lanceur d’alerte, il sacrifie sa liberté et sa vie privée.

Si le mot avait existé à l'époque, Oliver Stone aurait pu se qualifier aussi de lanceur d'alertes, avec ses films dénonçant les magouilles politiciennes, la corruption, les complots des complexes militaro-industriels… Le réalisateur de "JFK" ne pouvait que reconnaître en Edward Snowden un pur comme il les aime. Il lui consacre naturellement ce biopic qui sonne comme un hommage mais aussi une dernière mise en garde désabusée pour les citoyens du monde.

Etrangement, on ne retrouve pas les outrances stylistiques coutumières du réalisateur, ni le rythme syncopé qui était devenu durant quelques années sa marque de fabrique. Il prend le temps de montrer simplement le destin d'un simple individu (incarné par Joseph Gordon-Levitt) dont l'idéal est bafoué et qui se rebiffe à sa façon.

La construction en flash-back depuis les fameuses journées de juin 2013 passées dans un hôtel de Hong Kong avec deux journalistes pour peaufiner ses révélations sert de colonne vertébrale à un récit linéaire et clair. C'était nécessaire, vu l'aridité du sujet.

Le monde des "geeks", de la NSA, des images de drones, des documents cryptés, même si l'histoire est captivante, c'est une gageure à rendre dynamique au grand écran. Surtout que la vie de Snowden lui-même n'a rien de cinématographique. C'est l'histoire d'un jeune gars comme tout le monde, doué en informatique, timide en amour, qui essaye de construire sa vie de couple (sa petite amie est jouée par Shailene Woodley) et qui un jour, face à un dilemme cornélien, choisit l'honneur.

Suivre l'évolution de sa réflexion demandait un certain didactisme plutôt que de l'esbroufe, et c'est ce qu'Oliver Stone a eu la sagesse de comprendre. Du coup, le film paraît beaucoup moins long et l'on a le sentiment de tout piger.

Jean-Jacques Lecocq


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