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26 / 02 / 2017
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Ciné | 21 Décembre 2016

Michèle Morgan, le destin d'une grande amoureuse

Michèle Morgan, le destin d'une grande amoureuse
© Reporters
Décédée ce 20 décembre dans sa 97e année, Michèle Morgan ne fut pas qu'une grande comédienne. Derrière ces yeux-là battait aussi un coeur qui s'accéléra quelquefois, pour Jean Gabin, Henri Vidal et Gérard Oury.

Rarement le renom d'une artiste aura tenu en si peu de mots. Une seule phrase, « T'as d'beaux yeux, tu sais », murmurée par Jean Gabin, à laquelle elle répond par « Embrasse-moi ! » Michèle Morgan, qui s'est éteinte ce mardi 20 décembre à l'âge de 96 ans, sera restée toute sa vie la plus authentique des stars françaises. Même si elle avait arrêté sa carrière il y a 50 ans avec "Benjamin ou les Mémoires d'un puceau", elle était entrée dans la légende à seulement 18 ans avec cette réplique du "Quai des brumes", puis en devenant la première actrice à recevoir le prix d'interprétation à Cannes, pour "La symphonie pastorale", et l'une des premières vedettes françaises à tenter sa chance aux USA, d'abord pour fuir la Seconde Guerre mondiale.

Souvent ses beaux yeux lui vaudront d'incarner des destins dramatiques. Quitte à finir par l'agacer : « J’aurais parfois préféré qu’on se rappelle que j’ai aussi une voix et que je suis capable de jouer, pas seulement de regarder dans le vague avec un air de profonde mélancolie ! » se rappellera-t-elle dans ses Mémoires. Mais si Michèle Morgan personnifia un certain idéal d’élégance, elle fut aussi une femme amoureuse. C’est à celle-ci que nous avons envie de rendre hommage, à travers trois rencontres fondamentales dans sa vie sentimentales.

Il y eut d'abord Jean Gabin. Non pas la star un peu canaille rencontrée en 1938 sur "Le quai des brumes", et qui s'était moquée de son âge, disant qu'elle ne devait sûrement pas savoir embrasser – elle s'employa à lui démontrer le contraire. Non, plutôt le Gabin qu'elle retrouve à Brest, à l'orée de la guerre, pour le tournage de "Remorques".


© Reporters

Lui divorçait, elle avait 20 ans. Ils tomberont amoureux l'un de l'autre. Une passion folle. Mais, gentleman, Jean Gabin ne voudra pas quitter son ex-femme avant d'être sûr qu'elle est en sécurité. Ils se diront adieu sur un quai de gare, Michèle partant pour l'Amérique, où Jean doit la rejoindre. « Il est sur le quai, tête levée, moi à la fenêtre penchée vers lui, je le regarde, je souris. Une scène de cinéma, mais le dialogue est de nous et nous la jouons la gorge serrée », se souviendra-t-elle, des années plus tard. L'idylle en restera là. Quand il arrivera à Hollywood, Gabin se laissera ensorceler par Ginger Rogers et puis, surtout, par Marlène Dietrich.

A Hollywood, Michèle Morgan n'est pas restée non plus un coeur à prendre. Elle épouse un apprenti comédien et chanteur, William Marshall, qui se révélera un méthodiste détestant les mœurs légères des Français et des Françaises. Une mauvaise pioche, et le début d'un combat transatlantique pour avoir la garde de leur fils, Mike, en vain, et reprendre sa carrière. Elle sera piégée à Rome comme femme adultère, surprise dans les bras d'un acteur, Henri Vidal (photo ci-dessous), avec qui elle tournait dans le péplum "Fabiola".


© Reporters

Vidal, ce n'est pas n'importe quel acteur. C'est une sorte de Patrick Dewaere avant l'heure. Un jeune premier, mais habité par la noirceur, la beauté ravagée par la drogue et l'alcool. Son talent lui a valu de jouer dans le "Napoléon" de Sacha Guitry, dans "Le port du désir", "Porte des Lilas" de René Clair, de serrer dans ses bras Brigitte Bardot, Romy Schneider, Sofia Loren, Mylène Demongeot... Mais les 10 ans que Morgan passera à ses côtés seront marqués par l'enfer de la dépendance, des cures de désintoxication et des rechutes, jusqu'à sa mort en 1959, à 40 ans.

Sur les derniers temps, alors qu'elle n'était plus que la garde-malade de son mari, Michèle Morgan avait revu pour le travail un certain Gérard Oury, qu’elle avait connu au Cours Simon quand il se rêvait encore acteur. Il est marié mais lui avoue être tombé amoureux d’elle dès cette époque. Un bref flirt clandestin se noue.


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Ils ne se retrouveront vraiment que bien des mois plus tard, chacun quitte de son passé. Le début de sa dernière grande histoire d'amour, qui durera jusqu'au décès du réalisateur de "La grande vadrouille", en 2006. Avec lui, c'est l'amour apaisé, simple et sans malice. Mais chacun dans son appartement, elle à Neuilly, lui à Montmartre. Et l'été à Saint-Tropez. « Aucun n’a voulu envahir l’autre. Nous menons plus une vie d’amants que de mari et femme », témoignera Gérard Oury. Mais quand il deviendra de plus en plus aveugle, sur la fin de sa vie, elle sera ses yeux. Et quels yeux !

Jean-Jacques Lecocq


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