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24 / 06 / 2017
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Télé | 08 Mars 2017

Luc Gilson : "Les victimes ont le sentiment d'avoir été délaissées"

Luc Gilson  :
© RTL-TVI
Ce soir, RTL-TVI démarre sa série d'émissions commémoratives des attentats qui ont frappé Bruxelles. Un premier rendez-vous avec Luc Gilson, centré sur le parcours de reconstruction des victimes.

Vous étiez déjà le visage de l’émission "Attentats : six mois après". Qui avez-vous retrouvé pour cette suite ?
Nous avions axé le premier volet sur les blessés. Cette fois, nous avons élargi le prisme en donnant la parole à ceux qui ont été en première ligne ce jour-là. Nous nous sommes, entre autres, rendus à l’hôpital des grands brûlés de Neder-Over-Hembeek, où beaucoup de blessés ont été traités. Nous avons recueilli le vécu des médecins. Je suis allé à la rencontre non seulement des victimes que nous avions suivies, mais aussi des proches. Notamment du mari et du frère de Fabienne Vansteenkiste, décédée à l’aéroport. Ensemble, ils ont fondé une association d’aide aux victimes.

Justement, comment ont évolué les survivants ? Vont-ils mieux ?
Beaucoup gardent évidemment des séquelles physiques, et au-delà de cela, le choc psychologique reste présent. Certains ont repris une vie plus ou normale, d’autres ont eu des rechutes. La plupart restent encore très marqués et ont le sentiment d’avoir été délaissés par les pouvoirs public. A cela s’ajoute la paperasse administrative, très lourde à gérer. Même s’il y a une reconnaissance tardive des autorités, il y a globalement chez eux un sentiment d’abandon, qui vient du fait d’avoir été confrontés à une cascade de problèmes.

Vous abordez la question des indemnisations. Où en est-on ? Les victimes sont-elles satisfaites de ce qui a été décidé, promis par le Premier ministre ?
Dans la majorité des cas, elles disent que le combat continue pour exister en tant que victimes. Parce qu’au niveau des assurances, il y a encore du boulot, rien n’est réglé. Un exemple des difficultés financières qu’elles doivent affronter ? Orphée avait ouvert son salon de coiffure juste avant les attentats. Elle a dû fermer pendant plusieurs mois. Aujourd’hui, elle n’est pas sûre de pouvoir continuer son activité parce qu’il n’y a pas d’aide, d’allègement des charges. Elle se retrouve dans une situation économiquement très compliquée.

La médiatisation des victimes, d’avoir été dans la lumière puis d’avoir été oubliées le surlendemain, n’a-t-elle pas participé à leur sentiment d’abandon ?
Forcément, l’actualité finit toujours par reprendre le dessus, même après un tel drame. Mais je crois profondément qu’il faut continuer à s’intéresser à ces victimes. Parce que ces personnes ne sont pas "réparées" dans tous les sens du terme et elles ont encore besoin qu’on parle de leurs problèmes. C’était notre objectif avec cette émission : pallier ce manque. Que nous leur donnions l’occasion de prendre la parole, tous nos témoins en ont été satisfaits.

L’émission sera riche de moments intenses en émotions. Une séquence vous a-t-elle particulièrement bouleversé ?
Lorsqu’Abdallah, bagagiste qui travaillait à l’aéroport et qui a été lourdement blessé, est retourné pour la première fois dans le hall des départs, nous ne pouvions faire deux mètres sans que quelqu’un lui tombe dans les bras. C’était incroyable de voir la manière dont il a été accueilli par tout le personnel de l’aéroport. On se rend compte que c’est toute cette communauté qui a souffert. Cette solidarité incroyable qui existe entre cette communauté de l’aéroport, cela m’a ému profondément.

Propos recueillis par Antonella Soro


"Victimes des attentats, un an après" – 19h45 – RTL-TVI


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