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26 / 04 / 2017
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Blog | 05 Avril 2017

Rencontre avec le "fils" belge d'Isabelle Huppert

Rencontre avec le
© JP Darquenne
C'est à Los Angeles, et précisément près du funiculaire de "La La Land", que notre compatriote Jonas Bloquet, à l'affiche du film "Elle", nous a parlé de sa carrière, qu'il verrait bien se poursuivre en partie aux Etats-Unis.

De passage à Los Angeles, le jeune Belge Jonas Bloquet, originaire de Watermael-Boistfort, a répondu à nos questions et pris la pose au sommet du fameux funiculaire "Angels Flight", récemment remis en lumière par "La La Land". Découvert en 2008 dans "Elève Libre" de Joachim Lafosse, notre grand compatriote (1,92 m) a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois puisqu'il joue Vincent, le fils d'Isabelle Huppert dans "Elle", un rôle qui lui a valu d'être nommé aux César dans la catégorie "Espoir Masculin". Discret à la ville, il n'est pas à l'aise avec les à-côtés médiatiques de son beau métier. Mais en interview, il ne se bride pas... La preuve !

Salut Jonas, si tu es venu à Los Angeles pour la première fois, c'est parce que le cinéma américain t'intéresse?
Complètement ! C'est avec lui que j'ai grandi. Mes parents ne sont pas du tout cinéphiles, donc les films que j'ai vus quand j'étais enfant sont les gros trucs que tout le monde connaît : 'Retour vers le futur', 'Star Wars', 'Le Seigneur des Anneaux', 'Harry Potter'. C'est dans ce sens-là que mon goût s'est formé. Les films d'auteur français, je commence à m'y mettre.

Et c'est en voyant ces films que tu as voulu être acteur ?
Non, petit, je n'avais jamais pensé à ça. J'ai démarré un peu par hasard, grâce à 'Elève Libre' que j'ai tourné en 2007. Ma mère avait vu une annonce dans un club de tennis parce qu'ils cherchaient un joueur. Mon père est prof... J'ai passé le casting sans rien attendre. J'avais quatorze ans. Et j'ai adoré cette expérience de deux mois durant laquelle j'ai été exempté d'école ! C'est là que le virus m'a pris.

Et tu n'avais aucun formation...
Non, j'ai fait ça avec une totale insouciance, ce n'était pas du jeu pour moi. J'étais complètement naturel devant la caméra et je n'avais pas peur parce que je ne savais pas encore que je voulais en faire un métier. C'est un peu plus tard que j'ai eu ma première déception, en n'étant pas choisi pour le film 'Sans rancune' avec Thierry Lhermitte. J'ai mis trois mois à m'en remettre.

C'est après 'Elève libre' que tu t'es véritablement lancé ?
Non. Mes parents voulaient absolument que je passe d'abord mon Bac, ce que j'ai fait à l'Ecole Européenne d'Uccle. Puis j'ai bougé à Paris pour faire des études de théâtre, au Cours Eva Saint-Paul. Là-bas, j'ai rencontré plein de jeunes acteurs géniaux qui sont devenus des potes. Cette formation m'a permis d'avoir le contrôle sur mon côté naturel, aller plus loin dans les émotions et connaître mon corps. Personnellement, j'aime beaucoup jouer avec mon physique, comme le font les acteurs que j'admire. J'ai fait beaucoup de sport. Sans avoir cours, on peut, certes, jouer quelques rôles, mais on reste limité à sa personnalité. Avec la technique, ta palette s'élargit.

Et pendant les cours, tu as tourné, aussi...
Oui, j'ai participé à 'Malavita' ('The Family', avec Robert DeNiro et Michelle Pfeiffer, NdR) de Luc Besson et '3 Days to Kill' (de McG, NdR). En France, j'ai joué dans 'Tonnerre', le premier film de Guillaume Brac, et bien sûr 'Elle', il y a deux ans.

Parle-moi de Vincent, ton personnage dans ce film inspiré d'un roman de Philippe Djian...
Dans le descriptif que j'avais reçu au départ, il était présenté comme un gros ours bourru, sensible et pas très causant. Du coup, je suis arrivé au casting - en présence du réalisateur Paul Verhoeven - avec la barbe et les cheveux longs. J'en avais fait trop ! Finalement, avec la tronche que j'ai, je l'ai plutôt fait 'gosse pourri gâté', ce qu'il est puisqu'il vit complètement sous la protection de sa mère. Il est aussi contrôlé par sa petite copine.

Il a un côté glandeur, non ?
Oui, mais il révèle ses nuances au fur et à mesure de l'histoire. Il est d'abord victime et faible, mais essaie de sortir de ça et de s'épanouir et s'affirmer en tant que jeune adulte. Il se révolte à sa manière, en kidnappant son enfant.

Comment cela s'est-il passé avec Paul Verhoeven, l'homme de "Basic Instinct". Te parlait-il français?
Oui, il y tenait absolument, pour être inclus au mieux dans l'équipe. Mais comme il avait choisi avec soin les acteurs pour incarner ses personnages, il n'avait plus grand chose à nous dire sur le tournage. Il faisait confiance et nous corrigeait très peu. C'était super agréable. J'avais entendu dire qu'il était violent dans les années 80. Si c'est vrai, il s'est bien calmé. Il a 78 ans."

On sait qu'Isabelle Huppert se concentre énormément sur un plateau. Est-ce que ça signifie qu'elle communique peu avec ses partenaires?
Tu sais, contrairement à ce que certains pensent, elle est très cool. Mais c'est vrai qu'elle est concentrée. Et elle reste dans le même état toute la journée, ce qui est compréhensible. Si elle cartonne autant, c'est grâce à sa méthode et son talent. Mais ça ne permet pas de créer un vrai rapport avec elle.

Vous avez quand même eu des discussions ?
Oui, mais pas sur sa manière de travailler. Je ne voulais pas trop l'embêter avec des questions qu'on lui pose déjà en permanence. J'avais plutôt envie de tisser un lien amical, ou de fils-mère. C'est une femme que j'admire beaucoup et qui m'attire, donc j'avais envie de la connaître.

Gardez-vous le contact ?
Un peu. On s'est croisé à des soirées 'Elle' et des avant-premières, et elle m'avait invité à la voir sur scène à l'Odéon. Elle m'appelle encore son fils (rires).

Et quid de Charles Berling qui joue ton père ?
Alors lui, c'est l'inverse d'Isabelle. Sur un plateau, il est complètement fou et hystérique. Il fait des blagues sans arrêt et essayait toujours de charrier Isabelle avant les prises. Il lui disait n'importe quoi, et elle, elle restait hyper-concentrée. Mais elle ne l'engueulait pas, elle avait un petit sourire.

Dans le film, il y a une autre Belge, cette chère Virginie Efira...
Elle est géniale! Comme elle est belge, la connection a été immédiate et facile. On a eu un véritable échange : elle me pose des questions et je lui en pose. Ca n'est pas toujours le cas avec les gens du métier.

Comme tu vis à Paris, les gens pensent que tu es français, non ?
Oui, mais j'aime dire que je suis belge. Donc tout le monde le sait tout de suite.

Le succès du film a forcément eu un impact sur ton parcours, non ?
A Paris, je ne sais pas encore, mais si je suis venu à Los Angeles, c'est parce qu'il marche ici. Je me suis trouvé un agent et un manager à Los Angeles. Je suis dans la vague, il faut battre le fer tant qu'il est chaud (sourire).

Tu m'as confié qu'en plus de gros drames, les films d'action te bottaient. On devrait te souhaiter une carrière à la Matthias Schoenaerts !
Ah j'adorerais ! Si j'ai un modèle dans ce métier, c'est lui! Il a une dizaine d'années de plus que moi (Jonas fêtera ses 25 ans le 10 juillet, NdR) mais on se ressemble physiquement. J'avais d'ailleurs passé le casting de 'De Rouille et d'os', parce qu'au départ, ils cherchaient un comédien de 18 ans. Mais comme finalement, c'est Cotillard qui a été castée pour le premier rôle féminin, ils se sont mis en chasse d'un comédien plus âgé.


Ce 5 avril, on peut retrouver Jonas à l'affiche du nouveau film d'Arnaud Des Pallières, "Orpheline", avec Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Gemma Arterton, Sergi López, Nicolas Duvauchelle, Robert Hunger-Bühler, Jalil Lespert, Solène Rigot.



Jean-Philippe Darquenne, correspondant à Los Angeles.


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