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23 / 07 / 2017
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Ciné | 01 Juin 2016

Jodie Foster : "Je n'arrêterai jamais de jouer" !

Jodie Foster :
© Reporters
La surdouée du cinéma a mis en scène George Clooney et Julia Roberts dans " Money Monster ", qui sort ce mercredi. Notre correspondant à Los Angeles a recueilli ses propos.

Ce 1er juin, sort dans nos salles le thriller "Money Monster", quatrième long-métrage de Jodie Foster. L'actrice et réalisatrice de 53 ans, étoilée le 4 mai sur le Walk of Fame, y a mis en scène George Clooney et Julia Roberts, qui jouent respectivement Lee Gates, un gourou de la finance qui a son propre show télé, et sa productrice Patty Fenn. A l'écran, ces deux-là passent un mauvais quart d'heure (ou plutôt une heure trente) quand Kyle (Jack O’Connell), un jeune homme ruiné « à cause » des conseils de Lee, vient braquer celui-ci en direct dans son émission et le prend en otage. Voici l’interview de la talentueuse Jodie !

"Money Monster" évoque plusieurs problèmes de notre société, mais d'abord la crise financière qui a affecté tant de gens et ratiboisé leurs investissements...

Jodie Foster : "C'est vrai que je ne vois pas la prise d'otage comme l'élément central du film. Ce qui compte surtout, c'est que Kyle cherche à avoir une réponse. Et ce que Lee lui donne, c'est beaucoup de verbiage... Kyle le menace pour qu'il lui donne la réponse la plus honnête. La deuxième partie du film est une course haletante pour trouver cette réponse. Pour nous tous, le monde de la finance est un truc mystérieux qu'on ne comprendra jamais. On dirait que c'est fait exprès. On veut nous tenir à l'écart des vraies réponses et éviter qu'on pose des questions."

Le personnage de Kyle nous représente un peu tous, non? Nous questionnons tous la crise. Espérez-vous changer les choses en touchant à ce thème?

JF : "Je le répète, le monde de la finance est juste la toile de fond du film. Plusieurs thèmes humains y sont abordés. Et celui que je trouve le plus fascinant, c'est l'idée de l'échec. Qu'est-ce qu'on fait de l'échec et comment, d'une certaine manière, il nous anime. Nos relations sont aussi définies par la dynamique de l'échec. Nous sommes tous des êtres imparfaits qui vivons ensemble... Je trouve fascinant que les échecs humains soient confrontés aux technologies."

Pensez-vous que les films influencent toujours les gens ? Nous incitent-ils toujours à réfléchir ou sont-ils juste des divertissements ?

JF : “Le cinema est la forme d’art qui m’influence le plus. Mais attention : j’aime de la même manière la peinture, la sculpture et la musique. Mais les films sont les seuls mediums grâce auxquels je peux me présenter et m’exprimer. Les films, pour moi, permettent de dire : 'Voici ce que je crois, voici ce que je pense être vrai.’ Avec eux, c’est comme si je tendais la main en espérant que quelqu’un la saisisse. Je ne pense pas que ça changera jamais. Je ne pense pas que les films finiront comme un simple divertissement. Maintenant, on sait qu’il y a plein de types de films : les grosses franchises en 3D qui occupent quatre mille écrans à leur sortie. Il y aussi les plus petits films, merveilleux, qu’on peut regarder à la maison, sur l’iPad ou le telephone. On peut voir des films partout et ils sont tous des formes différentes de divertissement. Ce que je pense, c’est qu’on classe et on sépare de plus en plus tous ces films. Désormais, il y a des cinemas qui ne projettent plus que des blockbusters, et d’autres qui ne passent que des films plus intimistes. Cela peut encore évoluer. J’ai déjà vu le cinéma dans beaucoup d'états au cours de ma vie...”

Comment était-ce de diriger George Clooney et Julia Roberts?
J.F.
"Ils sont les chouchous du public! Et ils ont adoré faire ce film ensemble. Ils étaient faciles, professionnels. Honnêtement, c'est toujours plus simple de travailler avec des gens talentueux et expérimentés. George et Julia ont ça en commun. Ils adorent travailler et rire, et ne se prennent pas la tête. George est aussi l'un des producteurs du film, ce qui fut une bénédiction. C'est un metteur en scène tellement doué. Il m'a bien soutenue, c'était formidable."

Il est connu pour être un grand farceur ! Vous avez dû bien rigoler sur le plateau !

JF : "Détrompez-vous, il n'a guère fait de blagues sur le tournage. Il devait rester concentré. Il avait énormément de texte à apprendre, et devait assurer dans les scènes d'action. Il a dû beaucoup courir, aussi, ce n'était pas un job facile pour lui. En même temps, et comme pour mes autres films, tout ça s'est fait dans l'insouciance. Si tu ne t'amuses pas, tu ne peux pas donner le meilleur de toi. Tourner, c'est dur. C'est connu pour être difficile. Parfois tu dois tourner en bikini à - 5 degrés. Donc il vaut mieux être heureux de faire ce métier!"

Vous présentez "Money Monster" comme un film très rythmé? Avez-vous trouvé une nouvelle manière de mettre en scène en travaillant pour la télévision comme vous l'avez fait en réalisant des épisodes de "House of Cards" et "Orange is the New Black"?

J.F. : "J'ai tourné tous mes films en peu de temps parce que je n'avais pas assez d'argent. Travailler pour la télé ne m'a pas dépaysée. J'aime définir clairement ce que je veux faire, et y parvenir en un minimum d'étapes. En terme de marche à suivre, j'aime la clarté que la télé permet. Ici, la tâche n'était pas ardue. Ce qui est bien avec les films, et surtout ceux qui ont une histoire, c'est que tu peux vraiment mettre du sens dans chaque élément, chaque image. Ca aide à raconter l'histoire. On ne peut pas vraiment faire ça en télévision. C'est pour ça que j'espère qu'on continuera à faire des films."

C'est le premier thriller que vous mettez en scène. Quelles difficultés avez-vous rencontrées?

JF: "Je n'avais jamais dû faire avec des policiers, par exemple... Mais vous savez, j'ai tourné beaucoup de thrillers comme actrice, et j'en ai vu énormément. C'était excitant de réaliser un film de ce genre. Ce qui était aussi très intéressant, c'est que l'action, ici, se passe en temps réel. Et cinq histoires se déroulent au même moment avant de converger. Il y a la prise d'otage dans le studio, l'ambiance en régie, les policiers, le monde de la finance, et la planète tout court. C'était un défi de faire vivre toutes ces histoires. Je dirais que c'est le film le plus difficile que j'ai réalisé. J'ai travaillé avec énormément de techniciens qui ont fait des tonnes et des tonnes de films, avec Scorsese et Oliver Stone pour certains d'entre eux. Eh bien ils admettent que 'Money Monster' est le plus difficile qu'ils aient fait."

Quels sont les cinéastes que vous admirez et ceux qui ont été une influence pour ce film ?

JF : « Ce film est de la même veine qu’’Un après-midi de chien’ et ‘Network, main basse sur la télévision’ de Sidney Lumet. Ces films se passent aussi en temps réel et montre un événement en direct et en public avec plusieurs histoires différentes en présence. Comme une tapisserie. Donc mon film est un peu un hommage à Lumet. J’ai appris beaucoup de tous les metteurs en scène qui m’ont fait tourner, et ils sont des modèles. Parmi eux, je citerais Martin Scorsese (qui la révéla dans ‘Taxi Driver’ au milieu des années 70, NdR), ou David Fincher ou Bob Zemeckis. Enfant, j’ai vu beaucoup de films européens. Ma mère me faisait quitter l’école et m’emmenait voir des films français, italiens, allemands. Ma première école de cinéma ! »

Il y a cinquante ans déjà que vous avez démarré ce métier.. Comment vous voyez-vous aujourd’hui par rapport à l’industrie, à Hollywood ?

« Oui, ça fait longtemps que je suis dans ce business ! Et ce qui est génial, c’est que j’ai travaillé dans six décennies, toutes plus intéressantes que les autres. Surtout les années 70, l’âge d’or du cinéma américain. Je suis fière d’avoir modestement fait partie de cette tradition. Grâce à ce métier, ma sensibilité s’est beaucoup transformée au fil du temps. J’adore le changement. J’aime que mon travail ait évolué. Tourner tous ces films a été la meilleure école possible. J’ai pu regarder au-dessus de l’épaule des plus grands cinéastes, leur poser des questions et les voir travailler au plus haut niveau. Je suis pleine de reconnaissance pour ça, et pour toujours. Tout ce passé va continuer à modeler mon travail. Pour l’instant, je suis concentrée sur la réalisation, mais je n’arrêterai jamais de jouer. C’est quelque chose que j’ai commencé à faire à l’âge de trois ans, et une manière de m’exprimer qui ne ressemble à aucune autre. Je sais que ça me manquerait si je ne devais plus entendre ‘Action’ et ‘Coupez’. Le reste ne me manquerait sans doute pas, à commencer par la célébrité. Mais cet aspect-là entre dans la balance. Je le répète, je continuerai à être actrice et j’espère que je pourrai m’y remettre dans pas trop longtemps. »

On espère aussi ! Merci pour autant d’esprit, Jodie !

Jean-Philippe Darquenne, correspondant à Los Angeles.



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