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26 / 04 / 2017
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Ciné | 15 Mars 2017

Un plaisir "Grave"

Un plaisir
Julia Ducourneau réussit un film d'horreur à la croisée des genres, cannibale et gourmet, en partie tournée chez nous.

Ames sensibles, allez voir "Paris pieds nus", la gracieuse comédie d'Abel et Gordon, mais n'entrez surtout pas dans la salle où sera projeté "Grave" à partir de ce 15 mars. Encore moins si vous venez de dîner...

Ce film d'horreur (mais pas seulement), produit par Julie Gayet et réalisé par Julia Ducourneau, notamment lors de sa projection au Festival de Toronto, a provoqué chez certains spectateurs des réactions physiques qui ont taché leurs vêtements. Pourtant, il s'agit d'un film français, et le cinéma français, en matière d'horreur, a rarement brillé.

Mais Julia Ducourneau a parfaitement réussi son mélange des genres, portrait d'une jeune fille en fleur mêlé de gore, de suspense, même d'un rien d'humour noir. Tout est réuni pour un cocktail qui se déguste avec une moue de dégoût et d'envie.

On suit l'histoire de Justine, jouée avec une fièvre hypnotisante et une sensualité dévorante par Garance Marillier, qui vient à peine de fêter ses 19 ans. Elle incarne une étudiante véto végétarienne qui, lors des baptêmes auxquels sa sœur aînée, inscrite dans la même faculté, l'a fort encouragée à participer, doit manger un morceau de lapin cru. L'occasion pour la jeune fille de découvrir un goût immodéré pour la viande. Toutes les viandes. Une faim inextinguible la prend, qui vire à l'automutilation et au cannibalisme.

Ce long métrage ne recherche pas l'effet gore, façon morts-vivants dévorant en plan rapproché un pauvre hère, ou la frayeur facile – pas de porte qui grince. Son plaisir malsain, c'est de provoquer le malaise, la même fascination qu'éprouve Justine devant une déviance qu'elle ne se connaissait pas, dans une ambiance réaliste.

Mis en scène par une femme, le film déploie une forte symbolique sexuelle féminine – l'héroïne devient femme sous nos yeux –, il captive par sa beauté visuel, son rythme à la fois zigzagant et posé. Quant aux décors, les étudiants véto liégeois ne seront pas dépaysés – certains ont été filmés en plein cours à la faculté vétérinaire de Liège, par exemple pour la scène d'anesthésie d'un cheval.

Si vous avez le coeur bien accroché, ce film vous plaira mais grave !

Jean-Jacques Lecocq


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