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29 / 03 / 2017
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Ciné | 04 Janvier 2017

"Neruda", le poète à femmes

Pablo Larrain donne à découvrir un aspect méconnu du poéte Pablo Neruda, gloire en fuite dans le Chili de la fin des années 40 sans cesser de courir le jupon, même avec la mort aux trousses.

Quand on évoque le poète Pablo Neruda, on a souvent en tête son exil forcé du Chili, voire son retour triomphal après l’élection d’Allende et sa mort suspecte juste après le coup d’Etat de Pinochet, en septembre 1973 – les autorités chiliennes commencent à admettre qu'on a pu l'aider à passer l'arme à gauche, même s'il était déjà bien malade.

Mais c’est oublier qu’il fut une gloire nationale très tôt et que, s’il était un communiste engagé, Neruda fut aussi un artiste excentrique et un admirateur actif des femmes. C’est ce versant de sa vie que la tragicomédie de Pablo Larrain nous offre à découvrir, même s’il y ajoute très vite le récit fantaisiste de la traque la plus étrange de l’histoire, aboutissant à la fuite du poète en Argentine, puis en Europe.

Larraín montre en effet un Neruda (le piquant Luis Gnecco) qui longtemps ne prend pas au sérieux la menace pesant sur lui après la publication de son fameux "J'accuse" à l'encontre du président qu'il avait aidé à élire sur un programme de gauche et qui aussitôt aux affaires, avait suivi une politique très à droite. Il se sent croit trop populaire pour être assassiner. Au pire, l'idée de passer quelques mois en prison ne lui déplaît pas… Il a pourtant à ses trousses un flic acharné sur son os (Gael Garcia Bernal), qui a lu un peu trop de polars et menace directement sa vie.

Le biopic est parfois à moitié convaincant car trop attiré lui-même par les chemins de traverse, mais son atmosphère de réalisme magique très sud-américain le rend délicieusement léger à suivre. Il tend aussi à Neruda le miroir de ses travers, le droit qu'il s'accorde de faire souffrir les femmes sous prétexte qu'il en fait les héroïnes de son œuvre. Quand il en a trop marre de se cacher, c'est au bordel qu'il s'en va, laissant en plan sa seconde épouse, dont il finira par se séparer.

C'est drôle et cruel à la fois, et c'est du chouette cinéma.

Jean-Jacques Lecocq


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