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21 / 07 / 2017
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Actu | 13 Juillet 2017

Bigflo & Oli : "C'est positif d'écrire sur des sujets difficiles"

Bigflo & Oli :
© Instagram / bigfloetoli
Après le carton de "La Cour des grands", sorti en 2015, les deux frangins toulousains nous reviennent dans les bacs avec un second album plus sombre, plus abouti... mais toujours aussi sincère.

Un premier album pour le buzz, un deuxième pour la confirmation…
BigFlo : On peut dire ça comme ça. (Rires.) Le premier album a super bien marché, même au-delà de nos espérances, du coup on avait peur que les gens ne suivent pas sur le deuxième, que ce soit juste un succès de passage. Mais apparemment, c’est pas du tout le cas. C'est bien, ça veut dire qu’on a potentiellement moyen de faire une carrière qui dure.

Avec "La Vraie Vie", vous abordez des thèmes très forts, très sombres aussi. On parle de suicide, de prostitution... Pourquoi, quand on a la réputation de vendre du rap plutôt positif, écrire sur des sujets aussi durs ?
Bigflo : Parce que justement, c’est positif d’écrire sur des sujets difficiles. C’est en parlant et en mettant de la lumière sur les problèmes qu’on arrive à les régler. Donc même si les histoires sont dures, la démarche pour nous est positive.

Avec "Salope !", on est clairement dans le storytelling, chose qui ne se fait plus trop à l'heure actuelle. Quelle est la raison d'être de ce morceau ?
Bigflo : Pour ce qui est du storytelling, c’est quelque chose qu’on adore faire. Les morceaux qui racontent des histoires, où l’artiste se met dans la peau d’un personnage, sont nos morceaux préférés et c'est pour ça qu'on en fait. Quant à l’histoire de "Salope !", c’est surtout pour montrer que parfois, dans la vie, on peut dire ou faire des choses qui n'ont l’air de rien mais qui peuvent blesser les gens sans s’en rendre compte. On juge trop vite les personnes sur leur visage, leur comportement ou leur classe sociale...

Dans le titre "La vraie vie", une petite pique est adressée à Orelsan. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Bigflo : Ce qui s’est passé, c’est qu’on voulait faire un morceau avec lui et qu’il a refusé. Du coup on était déçus, alors on l’a dit. Tout simplement...

Ce n'est pas le genre de chose qu'on règle en privé ça, normalement ?
Bigflo : Ça dépend pour qui. Nous, c’est surtout parce que les gens nous réclamaient ce duo depuis longtemps. J’ai voulu crever l’abcès en disant à tout le mode que non, ça n’arrivera pas, c’est fini.

Pourquoi a-t-il refusé ?
Bigflo : Ah, ça… il avait ses raisons ! Je ne peux pas en dire plus.
Oli : Il faudra lui demander quand vous l’aurez en interview.

Petit problème d'égo, ou d'acceptation de votre musique peut-être ? Parce que ça n'a pas été facile pour vous de vous faire accepter dans le milieu du rap français.
Bigflo : C’est vrai que parfois, les mecs ont du mal à comprendre notre délire. Mais ça nous est un peu égal. On essaie, et si les gens ne veulent pas, tant pis, on avance quand même. C’est juste un peu dommage, parce qu’on pourrait faire de belles choses tous ensemble.

Aujourd'hui, vous pensez être reconnus par vos pairs ?
Bigflo : On est plus souvent reconnus par nos pairs que par nos frères. Les grands comme IAM, MC Solaar, JoeyStarr,… en gros tous les anciens qui ont vraiment fait le rap en France nous soutiennent grave et sont toujours derrière nous. Nos frères, c’est à dire ceux qui sont de notre génération, ont en revanche plutôt tendance à nous critiquer, je ne sais pas pourquoi.
Oli : Après ça nous change pas la vie, on a jamais fait ça pour les autres artistes. Nous on fait ce qu’on fait pour le public.

Parlant de JoeyStarr, vous avez décroché un featuring avec lui. Comment c'est arrivé ?
Bigflo : JoeyStarr, c’est quelqu’un qu’on croisait beaucoup en festival et qui a toujours été bienveillant avec nous, toujours de bons conseils, hyper respectueux et poli. Un jour, on a pondu "Trop tard" et on voulait une voix un peu plus grave, un peu plus 'sale', avec un peu plus de vécu dans le timbre. Du coup on a pensé à lui, on l’a appelé et il nous a directement dit oui. C'est pour nous un énorme rêve qui s’est réalisé.

Certains s'étonnent, voire regrettent, que ce feat. n'ait pas été plus exploité. A l'écoute, c'est vrai qu'on a un peu l'impression que Joey vous accompagne plus qu'il ne partage vraiment ce morceau avec vous…
Bigflo : C’est quelque chose de voulu. On ne voulait pas le Joey qu’on a l’habitude d’avoir, qui met l’ambiance, qui crie etc. On voulait l'utiliser comme une espèce d’instrument, comme quelque chose qui plane au dessus du morceau. C'est pour ça qu'il n'a pas de couplet, qu'il nous accompagne juste sur le refrain.

Vous touchez un public plus réfractaire au rap. D’accord ou pas d’accord ?
Oli : On touche un public un peu éclectique, pas forcément réfractaire au rap. Notre public est étonnant, on le voit en concert : il y a des petits, des grands, des parents qui viennent avec des enfants, des grands-parents qui viennent avec des parents,… certains découvrent le rap avec nous, d'autres ré-apprécient le rap avec nous. On a des amateurs de rap, des familles. C'est très varié.

Vous vous inscrivez tout doucement dans la lignée de Soprano, en somme…
Bigflo : Pas vraiment. Soprano, on respecte beaucoup l’artiste, mais c’est carrément de la pop urbaine maintenant qu’il fait. C’est quasiment plus du rap. Alors que nous, on a encore des beats très rap, des morceaux où ça va très vite comme celui avec Busta Rhymes. En revanche, c'est clair qu'on fait du rap accessible.

Après le solo de Bigflo sur le premier album, place au solo d'Olivio sur le second. Et la carrière solo, vous y songez ?
Oli : Jamais. On y pense pas une seconde. Notre duo fonctionne comme un solo. On est quasiment une seule et même personne tellement on s’entend bien et tellement on est proches intellectuellement et musicalement. C’est une super aventure qu’on vit tous les deux, ensemble. Après c’est sûr qu’il y a des moments où on s’engueule, mais la plupart du temps c’est que du kif.

On peut entendre quelques interludes à la fin de vos titres. A quoi ça correspond ?
Oli : A des enregistrements de nos proches. L'album s'intitule "La Vraie Vie", donc on voulait vraiment jouer là-dessus, livrer de vrais moments de vie. Pour ça on s’est permis d'enregistrer notre entourage à son insu. (Rires.) Ça peut paraître bizarre, mais ça peut aussi être touchant. On entend notre mère, mon meilleur pote… Ce qu'ils disent, ce sont des choses qu'ils nous ont réellement été dites. Il y a même des critiques des nos morceaux. On trouvait ça marrant de montrer "la vraie vie" jusqu’au bout.

Pour en savoir plus, rendez-vous dans votre Ciné-Télé-Revue. Dès ce jeudi 13 juillet en librairie.

Propos recueillis par Lenny Verhelle


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