T5 : du grand n'importe quoi pendant 2h30...

T5 : du grand n'importe quoi pendant 2h30...

Résumer le 5e Transformers ? A l'écran, ça ferraille à mort… Et dans la salle, ça baille aussi fort. Pensez à prendre de la lecture !

Sur Terre, dans les mers et sur la planète Cybertron : pour la 5e fois, Michael Bay a ressorti la toute grosse artillerie pour un "Transformers" qui, aux Etats-Unis où il est sorti le 21 juin, est loin de fonctionner aussi bien que les précédents ! Ici, et ce n'est pas inintéressant, une nouvelle porte a été ouverte, à savoir l'existence des belliqueux robots il y a 1600 ans, à l'époque du Roi Arthur. Merlin, le sorcier de ce dernier, incarné par Stanley Tucci, avait scellé une alliance avec douze d'entre eux, les Chevaliers de Iacon… A notre époque, Optimus Prime est retourné sur sa planète – éteinte – Cybertron, désormais régie par la sorcière Quintessa. Et dans notre monde à nous, de nouvelles machines continuent à débarquer et à s'affronter aux hommes… A un moment, seul petit groupe semble pouvoir sauver l'humanité de la destruction : Cade Yeager (Mark Wahlberg), l'inventeur et ex-allié des Autobots, Bumblebee, le Lord anglais Sir Edmund Burton (Anthony Hopkins), astronome et historien spécialisé dans l'histoire des Transformers sur Terre, et Vivian Wembley, très jolie professeure de littérature anglaise à l'Université d'Oxford…

Si l'on ajoute à cela l'introduction du personnage d'Izabella (Isabela Moner), jeune fille devenue orpheline durant la Bataille de Chicago et sur qui Cade veille de loin, vous comprendrez que cette histoire en raconte plusieurs. Et autant prévenir : le résultat s'avère des plus emberlificotés, indigestes et… super rasoir. Avec un petit côté prétentieux qu'on n'attendait pas… Si l'on excepte les scènes finales, particulièrement esthétiques, ce film de 2h30, bien trop chargé, se perd rapidement en chemin et ne tarde pas à sombrer. Quant au spectateur, il est noyé dans tellement de choses qu'elles lui passent finalement par dessus la tête, sorciers, talismans secrets, invasions d'aliens, cataclymes et gros mots, dont certains sortent de la bouche du respectacle Anthony Hopkins, venu chercher un chèque qu'on imagine grassouillet.

A 79 ans, la star britannique apporte néanmoins à l'entreprise un peu d'humour consolateur, charriant Cade l'Américain avec l'aide de sa compatriote Vivian. Celle-ci, descendante de Merlin, est incarnée par la sublime Laura Haddock, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Angelina Jolie, mais avec dix ans de moins. A ses côtés, d'une manière générale, Mark Wahlberg n'a pas l'air dans le coup, mais l'embrasse quand même à pleine bouche, ce qu'il n'a pas souvent fait devant des caméras. Lui qui a passé ses vertes années à se balader à moitié nu – ah le temps béni de Marky Mark ! – est devenu très conservateur, et refuse, par exemple, de tourner des scènes de lit "par respect pour sa femme".

Grâce à l'international, "Transformers : The Last Knight" est déjà rentré dans ses (très importants) frais, et un 6e film sortira aux Etats-Unis dans juste deux ans, le 28 juin 2019. Avant ça, précisément le 8 juin 2018, c'est un film dérivé consacré à Bumblebee qui atterrira dans les salles US. Car oui, il y aura toujours un public pour ce type de film, aussi débile soit-il…

Jean-Philippe Darquenne, correspondant à Los Angeles.

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