Frédéric Taddeï : "Je ne regarde pas la télé"

Frédéric Taddeï : "Je ne regarde pas la télé" © JE.Ferte / JLPPA

Depuis la rentrée, l'animateur est aux manettes de deux émissions culturelles, "Hier, aujourd'hui, demain", mais aussi "D'art d'art", à voir ce soir sur France 2. Rencontre.

Incarner des émissions intelligentes et intelligibles, est-ce votre ambition ?
J'ai toujours voulu comprendre mon époque. Toutes les émissions de télévision et de radio que je présente ont cette ambition. Il faut conserver une certaine lucidité. C'est le cas de " D'art d'art " mais aussi d'" Hier, aujourd'hui, demain ", mon nouveau magazine, diffusé une fois par mois en deuxième partie de soirée.

Quel regard portez-vous sur la TV ?
Je ne regarde jamais la télévision. La jeune génération s'y intéresse de moins en moins. Les gens intelligents délaissent le petit écran parce qu'on n'y fait plus rien pour eux. Des pans entiers de la population vont s'en détourner progressivement. Ce qu'on nous présente comme des échecs ou des réussites à la télé ne tient compte que de l'audience et ne mesure pas l'impact des émissions sur le public.

Après avoir animé pendant dix ans " Ce soir ou jamais ", que retenez-vous de cette expérience ?
Cette émission a marqué, puisque nous en avons tourné 750 numéros. C'est plus qu'" Apostrophes ". Nous avons traité de tous les sujets en essayant d'offrir des visions du monde différentes qui puissent s'exprimer. Le programme a ouvert les débats, qui sont la plupart du temps confisqués par les politiques et les journalistes, et nous y avons fait entrer les artistes et les intellectuels. Dans les années à venir, on pourra toujours aller piocher dans les archives de " Ce soir ou jamais ".

Quelle relation entretenez-vous avec la notion de temps ?
Pour bien comprendre le présent, il faut saisir le passé. Tous les événements sont liés. Ce sont des notions qui reviennent en permanence dans mes émissions. Ceux qui regardent le présent sans comprendre le passé sont capables de vous faire croire n'importe quoi.

Vous lisez entre trois et quatre livres par jour…
J'ai une bibliothèque dans laquelle il y a trois mille romans. En principe, je ne dis jamais qui sont mes auteurs préférés, par égard pour tous ceux que j'invite quotidiennement et qui ne seraient pas parmi mes favoris. Je tente de conserver un minimum de neutralité et de politesse. Parmi les auteurs morts que je parcours souvent, je peux vous citer, pêle-mêle, Eric Ambler, Aristophane, Marcel Aymé, Honoré de Balzac…

Et quand pourra-t-on vous lire ?
Quand on n'est pas un grand écrivain, je ne vois pas l'intérêt de commettre des romans. N'étant pas capable d'écrire des grands livres, j'aurais pu sans doute rédiger des choses comme il en paraît six cents à la rentrée. Tout le monde peut faire ça et ça n'a pas grand intérêt.

Si vous n'aviez pas été journaliste, qu'auriez-vous fait ?
A défaut de ne pas être un grand écrivain, je me suis dit que j'allais un peu marquer l'histoire de la télévision avec des émissions comme " Paris Dernière ", " D'art d'art " ou " Ce soir ou jamais ". J'en ai encore quelques-unes à l'esprit pour l'avenir.

Quelle est votre devise ?
La vie est belle pour ceux qui n'ont en pas peur.

Qu'est-ce qu'on dit de vous et que vous n'aimez pas ?
La célébrité vous réduit parfois à deux ou trois traits de caractère, souvent fantasmés. Ce qui ne me plaît pas forcément, c'est d'avoir une certaine notoriété. La télévision est une loupe qui grossit certaines choses et qui parfois les exagère, y compris dans vos qualités.

Maxime Guény


"D'art d'art !" – 20h45 – France 2

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